Avsnitt

  • Hier, j’étais invité au mariage d’un couple d’amis. La fête avait lieu sur un beau terrain en bord de mer, suffisamment près du rivage pour qu’on entende les vagues s’y briser.

    La mariée avait préparé un spectacle de danse traditionnelle avec les femmes de sa famille ; un petit groupe de musiciens les accompagnaient en chantant et en jouant du ukulele.

    Après ce régal pour les yeux, notre appétit a été réveillé par de ravissants plateaux de fruits tropicaux, et par des pâtisseries faites maison.

    Soudain l’un des invités, qui était parti manger sa part de gâteau près de la mer, nous a fait de grands signes de la main : il voulait nous montrer quelque chose. Nous nous sommes rués sur la plage ; et là, me croirez-vous ?

    Une baleine et son baleineau nageaient non loin, à environ 200 mètres de la plage, juste derrière le récif. Avec leurs grandes nageoires qui battaient la surface des flots, ils semblaient donner leur bénédiction aux mariés. Nous sommes restés de longues minutes à guetter leurs apparitions furtives entre les vagues. Puis ils se sont éloignés, et il n’y eut plus rien que la mer.

  • https://www.youtube.com/watch?v=zuISJycFBo8

    La place Rouge était vide
    Devant moi marchait Nathalie
    Il avait un joli nom, mon guide
    Nathalie

    La place Rouge était blanche
    La neige faisait un tapis
    Et je suivais par ce froid dimanche
    Nathalie

    Elle parlait en phrases sobres
    De la révolution d'Octobre
    Je pensais déjà
    Qu'après le tombeau de Lénine
    On irait au café Pouchkine
    Boire un chocolat

    La place Rouge était vide
    J'ai pris son bras, elle a souri
    Il avait des cheveux blonds, mon guide
    Nathalie, Nathalie...

    Dans sa chambre à l'université
    Une bande d'étudiants
    L'attendait impatiemment
    On a ri, on a beaucoup parlé
    Ils voulaient tout savoir
    Nathalie traduisait

    Moscou, les plaines d'Ukraine
    Et les Champs-Élysées
    On a tout mélangé
    Et l'on a chanté

    Et puis ils ont débouché
    En riant à l'avance
    Du champagne de France
    Et l'on a dansé

    Et quand la chambre fut vide
    Tous les amis étaient partis
    Je suis resté seul avec mon guide
    Nathalie

    Plus question de phrases sobres
    Ni de révolution d'octobre
    On n'en était plus là
    Fini le tombeau de Lénine
    Le chocolat de chez Pouchkine
    C'est, c'était loin déjà

    Que ma vie me semble vide
    Mais je sais qu'un jour à Paris
    C'est moi qui lui servirai de guide
    Nathalie, Nathalie

    Nathalie, Gilbert Bécaud et Pierre Delanoë, 1964

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  • Fredrik et son vélo sont deux amis inséparables. Avec près de six mille kilomètres au compteur, ils ont déjà fait une longue route ensemble, dans la région de Stockholm et sur les routes de Suède.

    Dès l’aube, vers six heures, il se réveille, jette un bref coup d’œil par la fenêtre, puis s’habille. Qu’il vente ou qu’il pleuve, c’est en pédalant qu’il ira travailler. Rares sont ceux qui font de même ! Les courageux cyclistes, dans le blizzard, se comptent sur les doigts de la main. La neige, le vent glacial, le verglas ne sont pas des obstacles anodins !

    Quand il y pense, il se dit qu’il est un peu téméraire d’aller affronter des conditions météorologiques pareilles. Il pourrait prendre le bus, c’est vrai. Mais le trajet prendrait beaucoup plus de temps, et puis… Fredrik a le sens de l’aventure. S’il fait deux fois plus froid, qu'à cela ne tienne ! Il mettra deux manteaux, enfilera deux paires de gants et deux paires de chaussettes !

    En ce moment, c’est l’été, le temps est clément. Fredrik en profite, car il sait que l’hiver qui s’approche sera rude…

  • J’ai de la chance d’avoir un cocotier dans mon jardin, car la noix de coco est un fruit formidable, un fruit incroyablement généreux.

    Quand la noix de coco est verte, elle est remplie d’une eau délicieuse, très légèrement pétillante, et merveilleusement rafraîchissante. À l’intérieur de la noix, la chair est fine, translucide et sa consistance est un peu gélatineuse.

    Puis la noix de coco sèche, elle devient brune et tombe du cocotier. Elle contient toujours de l’eau, dont le goût a subtilement changé : elle est plus douce, et elle a perdu le pétillant de sa jeunesse, pour ainsi dire. La chair en revanche, est beaucoup plus épaisse et plus ferme ; presque dure. C’est cette chair que l’on râpe puis que l’on presse pour faire du lait de coco, qui ajoute une saveur exotique à n’importe quel plat. J’aime en mettre un peu dans mon café, parfois, par gourmandise. Mais ne me parlez pas de lait de coco en boite de conserve, j’ai horreur de ça !

    Enfin, il y a encore une chose… Si on laisse la noix de coco par terre, des racines vont pousser, et de minuscules palmes vont commencer à sortir. Alors, c’est le signe qu’il y a un germe, un embryon de cocotier à l’intérieur. Une petite boule qui ressemble à une éponge cotonneuse. Son goût est sublime ; c’est ce que je préfère dans la noix de coco.

    Malheureusement, on ne peut pas avoir à la fois le germe du cocotier, et le cocotier !

  • Mes dauphins nagent depuis plus de deux heures autour de Joshua. Les dauphins que j'ai rencontrés ont rarement joué plus d'une quinzaine de minutes avant de continuer leur chemin. Ceux-là resteront plus de deux heures, au complet.

    Quand ils sont partis, tous ensemble, deux d'entre eux sont restés près de moi jusqu'au crépuscule, cinq heures pleines au total. Ils nagent avec l'air de s'ennuyer un peu, l'un à droite, l'autre à gauche.

    Pendant trois heures ils nagent, comme ça, chacun sur son bord, sans jouer, en réglant leur vitesse sur celle de Joshua, à deux ou trois mètres du bateau. Jamais je n'avais vu ça. Jamais je n'ai été accompagné si longtemps par des dauphins. Je suis sûr qu'ils avaient reçu l'ordre de rester près de moi jusqu'à ce que Joshua soit absolument hors de danger.

    Je ne les regarde pas tout le temps, parce que je suis un peu épuisé par cette journée, cette tension énorme qu'on ne sent pas sur le moment, quand on doit mettre toutes ses tripes pour passer dans un nouvel océan.

    Je descends m'étendre un peu, je remonte, je relève l'indication du loch. Mes deux dauphins sont toujours là, à la même place. Je descends porter la dernière distance parcourue sur la carte, je me recouche un moment. Quand je reviens sur le pont et grimpe au mât pour la dixième fois afin de voir plus loin, mes deux dauphins sont encore là, semblables à deux fées dans la lumière qui baisse. Alors je redescends m'allonger un moment.

    C'est la première fois qu'il y a une telle paix en moi, car cette paix est devenue une certitude, une chose qu'on ne peut pas expliquer, comme la foi. Je sais que je réussirai, et je trouve ça absolument naturel, cette certitude absolue où il n'y a ni crainte, ni orgueil, ni étonnement. Toute la mer chante, simplement, sur une octave que je ne connaissais pas encore, et cela me remplit de ce qui est à la fois la question et la réponse.

    La longue route, Bernard Moitessier, 1968

  • «  Bonjour Franzi, je souhaite te proposer mes services en tant que tuteur de français. J’ai appris que tu veux apprendre cette belle langue, et je suis convaincu d’avoir la compétence nécessaire pour ce travail.

    - Merci Émile ; c’est vrai, j’ai pour ambition d’apprendre à parler français couramment, car j’ai de la famille en France. J’ai l’intention de leur rendre visite, et il me semble important d’être capable de m’exprimer correctement dans la langue de mon pays d’accueil.

    - Tu as tout à fait raison. C’est essentiel de faire l’effort de parler la langue du pays que tu visites. D’autre part, tu seras en mesure de profiter davantage de ton séjour, tu comprendras ce que les gens te disent, tu pourras discuter avec les marchandes de légumes, tu pourras lire les enseignes des magasins… tu vivras une expérience d’immersion agréable.

    - Ça me parait fantastique ! Et toi, tu peux m’enseigner le français ?

    - Bien sûr, je serais ravi de travailler avec toi. On peut étudier des textes littéraires, des articles de journaux, faire des exercices de grammaire, apprendre du vocabulaire, discuter des sujets qui t’intéressent…

    - Super ! J’ai hâte de commencer mes cours de français avec toi !

    - Je t’en prie, je reste à ta disposition ! Si tu as des questions, des commentaires ou des suggestions, envoie-moi un email sur [email protected] »

  • Les villages français ont un charme particulier, avec leurs maisons en pierre jaune, leurs toits en tuiles rouges et leurs volets en bois. Souvent, une petite fontaine en pierre orne la place principale ; un clair filet d’eau y coule, et les tourterelles y trempent leur bec.

    Devant la mairie, un monument aux morts est érigé en hommage aux combattants de la Première Guerre mondiale : c’est la statue en bronze d’un soldat qui porte son fusil en bandoulière. Quelques bouquets de fleurs sont disposés au pied de la statue.

    À l’ombre des platanes, des villageois sont assis sur des bancs vieillissants. Les enfants courent entre les arbres, sous l’œil vigilant des vieux, qui discutent.  Ils parlent de chasse et de pêche, car quand ils parlent de politique, ils ne sont pas d’accord et se séparent fâchés.

    Heureusement, ça ne dure jamais longtemps. Le lendemain d’une dispute, les désaccords sont oubliés ; nos braves amis se retrouvent autour d’une bouteille de vin, et ils parlent du prochain championnat de pétanque.

  • …, Émile. Oui, je m’appelle Émile, comme mon arrière-grand-père. Je porte ce prénom depuis bien longtemps ; je n’avais que quelques jours quand mes parents se sont penchés sur mon berceau et que je leur ai dit : « Chers parents, bonjour. Je m’appelle Émile. »

    En vérité, mes souvenirs sont flous, je n’ai peut-être pas prononcé ces mots. En général, la grammaire des bébés n’est pas parfaite.

    En parlant de grammaire, ouvrons une parenthèse. C’est amusant, de dire « je m’appelle » en français. On devrait dire : « les gens m’appellent untel, parce que c’est mon nom ». Mais ainsi est la langue, pleine de curiosités et de coutumes qui se perpétuent.

    Revenons à nos moutons. Je m’appelle Émile, et comme c’est un nom qui me va très bien, toute ma famille et mes amis m’appellent Émile.

    Enfin, si vous voulez me souhaiter bonne fête, le 22 mai est la Saint Émile !

  • Là où je vis en ce moment, il y a un grand jardin, des arbres fruitiers, un potager avec des salades et des herbes aromatiques, et un poulailler.

    C’est un endroit merveilleux : les arbres portent des fruits, le potager donne de belles salades, le thym et le romarin parfument nos plats. Seule ombre au tableau, les neuf poules du poulailler ne donnent pas d’œufs. C’est bien dommage, j’aimerais beaucoup manger une omelette fraiche tous les matins…

    Mon amie Malvanir pense que ses poules sont devenues trop vieilles pour pondre. Moi, je trouve qu’elles ont l’air jeunes, ces poules ; elles sont toujours pleine d’énergie, à gratter la terre toute la journée pour trouver des asticots. Peut-être qu’elles se cachent simplement pour pondre leurs œufs !

    Mais il y a quelques jours, je crois avoir compris le fin mot de l’histoire. Alors que nous étions près du feu, le soir, un bruit de pas dans les branches sèches a brisé le silence. Ça venait de derrière le poulailler. Nous avons à peine eu le temps de nous lever de nos chaises pour apercevoir une queue rousse et touffue disparaitre dans les buissons.

    Pas de doute, notre voisin renard est plus doué que nous pour la chasse aux œufs !

  • Il y a quelques temps, Natsumi m’a envoyé un très gentil message, à la fin duquel elle me propose d’écrire un épisode avec les phrases que j’utiliserais avec un bébé ou un enfant. En effet, elle a un petit bébé et c’est une excellente idée de lui parler en français dès son plus jeune âge.

    Il est temps que je lui réponde enfin, avant que son enfant atteigne la majorité et quitte le foyer familial.

    Les bébés observent et imitent les adultes. Ils reproduisent leurs mouvements et répètent leurs paroles. Donc je leur parle toujours avec beaucoup de respect et d’affection.

    Par exemple, quand vient l’heure de dormir le soir, je lui dis :

    « Petit enfant, cher ami ; j’ai passé une très bonne journée avec toi, j’ai beaucoup aimé courir dans le jardin et cueillir des fleurs, faire des avions en papier et jouer aux billes en ta compagnie. Maintenant, il faut dormir, pour passer une autre belle journée demain. »

    Ensuite, je lui chante une comptine jusqu’à ce que ses yeux se ferment.

  • Pour faire le portrait d’un oiseau

    Peindre d’abord une cage

    avec une porte ouverte

    peindre ensuite quelque chose de joli

    quelque chose de simple

    quelque chose de beau

    quelque chose d’utile

    pour l’oiseau

    placer ensuite la toile contre un arbre

    dans un jardin

    dans un bois

    ou dans une forêt

    se cacher derrière l’arbre sans rien dire

    sans bouger…

    Parfois l’oiseau arrive vite

    mais il peut aussi bien mettre de longues années

    avant de se décider

    Ne pas se décourager

    attendre

    attendre s’il le faut pendant des années

    la vitesse ou la lenteur de l’arrivée

    de l’oiseau n’ayant aucun rapport

    avec la réussite du tableau

    Quand l’oiseau arrive

    S’il arrive

    observer le plus profond silence

    attendre que l’oiseau entre dans la cage

    et quand il est entré

    fermer doucement la porte avec le pinceau

    puis

    effacer un à un tous les barreaux

    en ayant soin de ne toucher aucune des plumes de l’oiseau

    Faire ensuite le portrait de l’arbre

    en choisissant la plus belle de ses branches

    pour l’oiseau

    peindre aussi le vert feuillage et la fraîcheur du vent

    la poussière du soleil

    et le bruit des bêtes de l’herbe dans la chaleur de l’été

    et puis attendre que l’oiseau se décide à chanter

    Si l’oiseau ne chante pas

    c’est mauvais signe

    signe que le tableau est mauvais

    mais s’il chante c’est bon signe

    signe que vous pouvez signer

    alors vous arrachez tout doucement

    une des plumes de l’oiseau

    et vous écrivez votre nom dans un coin du tableau.

    Jacques Prévert, Paroles, 1945

  • Jill m’a envoyé un email dans lequel elle me raconte qu’elle élève du bétail, plus précisément de la race Black Angus. Elle m’a proposé de vous parler de vaches. Les vaches, j’aime bien les regarder paitre, j’aime bien les manger, mais a part ça, je n’y connais pas grand-chose. Et puis à force de réfléchir, j’ai trouvé qu’il y avait quelques expressions françaises intéressantes à propos de vaches. Voyons voir comment les utiliser, et ce qu’elles signifient.

    Si vous êtes impressionné, vous pouvez vous exclamer : oh la vache !

    Si vous ne l’êtes pas, au contraire, dites : c’est vache…

    Pour renforcer un qualificatif, utilisez l’adverbe vachement.

    Si la nourriture est trop chère, et que vous n’avez pas planté de pommes de terre : c’est une période de vaches maigres.

    Si votre professeur ne vous a pas bien enseigné le français : vous parlez français comme une vache espagnole.

    Si vous rapportez beaucoup d’argent à votre employeur : vous êtes une vache à lait.

    Quand votre enfant chipe un œuf de Pâques au magasin, dites-lui : « Qui vole un œuf vole un bœuf. »

    Enfin, quand je me décide à surmonter ma paresse et que je publie un épisode, je prends le taureau par les cornes.

  • J’ai fait une rechute. Presque huit semaines de silence… En anglais, il y a un phénomène qui s’appelle le « blocage de l’écrivain », mais je ne suis ni écrivain ni anglais, donc il est tout à fait impossible que ce diagnostic puisse s’appliquer à moi. En français, ça se traduit par « syndrome de la page blanche ». Pour ne pas prendre de risques, j’écris maintenant sur du papier de couleur. On n’est jamais trop prudent !

    Mon problème, c’est que je pense beaucoup, mais j’agis peu. Pourtant, mon père m’a souvent répété que « l’action libère ». C’est un homme plein de sagesse, mon père, il m’a appris énormément de choses, quand j’étais petit et que nous vivions ensemble.

    Un jour, pensant avoir atteint l’âge adulte, j’ai quitté le foyer familial et le pays de mon enfance. Mais ces derniers temps, ma petite amie me dit que je me comporte comme un enfant. Il est peut-être temps que je retourne auprès de mes parents !

  • J’aime me lever tôt. Au petit matin, le monde est différent. La lumière est douce. Dans les rues, les voitures sont silencieuses ; dans les arbres, les oiseaux sont bruyants. Je prends une bonne douche froide pour me réveiller, et pour bien commencer la journée.

    Je ne suis pas le seul à me lever tôt. Au marché aux fruits, il y a déjà beaucoup de monde. Pour obtenir les fruits les plus beaux et les plus frais, il faut donc être à l’heure, au lever du soleil. Parfois, ma petite amie Miri m’accompagne, car elle sait choisir les meilleurs fruits, particulièrement les papayes et les fruits de la passion, qui sont ses préférés.

    Il y a un proverbe français qui dit : « le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt ». L’équivalent en anglais est : « l’oiseau qui arrive tôt attrape le vers ». Mais j’espère ne pas trouver de vers dans ma papaye !

  • Ananya vit à Nashik, une jolie petite ville d'Inde, dans l'état du Maharastra. En fait, sa ville n'est pas si petite : elle compte environ deux millions d'habitants. En Inde, cet immense pays, un million ou deux, ce n'est pas grand chose, c'est une ville moyenne. En France, la seule ville de plus d'un million d'habitants, c'est la capitale, Paris.

    Ananya aime sa ville, elle aime s'y promener le long du fleuve Godavari, où bien dans les forêts verdoyantes près des cascades, juste à l'extérieur de la ville. Les paysages sont beaux, le climat est agréable. Il y a des grottes magnifiques, et de nombreux temples où les pèlerins viennent se recueillir. C'est une région à l'histoire riche, et qui a une signification importante dans la culture hindoue.

    Enfin, je ne sais pas si Ananya aime le vin, mais sa ville est réputée pour ses vignobles !

  • Il y a un temps pour tout, un temps pour toute chose sous les cieux :
    un temps pour naître, et un temps pour mourir ; un temps pour planter, et un temps pour arracher ce qui a été planté ;
    un temps pour tuer, et un temps pour guérir ; un temps pour abattre, et un temps pour bâtir ;
    un temps pour pleurer, et un temps pour rire ; un temps pour se lamenter,  et un temps pour danser ;
    un temps pour lancer des pierres, et un temps pour ramasser des pierres ; un temps pour embrasser, et un temps pour s'éloigner des embrassements ;
    un temps pour chercher, et un temps pour perdre ; un temps pour garder, et un temps pour jeter ;
    un temps pour déchirer, et un temps pour coudre ; un temps pour se taire, et un temps pour parler ;
    un temps pour aimer, et un temps pour haïr ; un temps pour la guerre, et un temps pour la paix.

    Ecclésiaste 3:1-8

  • Vous ne le savez peut-être pas, mais j’ai tendance à être oisif. Parfois, je suis assis dans ma chambre ou dans le salon, et je ne sais pas quoi faire. Je mange un peu, un morceau de pain et de fromage, et puis j’arrête parce qu’il faut que j’aie de l’appétit pour le diner, plus tard. Alors, je ne fais rien. Je reste assis, ou allongé par terre, en regardant par la fenêtre. Je me dis que c’est vraiment dommage de rester à ne rien faire, et je pense aux cent choses dont je devrais m’occuper au lieu de rêvasser.

    Je ferais mieux d’appeler mes parents, d’écrire une lettre à ma tante, d’apprendre le portugais, de lire un livre sur la charpenterie, d’écrire un épisode pour mon podcast ou de répondre à vos emails…

    Il y a un proverbe français qui dit « l’oisiveté est mère de tous les vices ». C’est très préoccupant, je suis sur la mauvaise pente…

    Ceci dit, Robert Louis Stevenson a écrit un essai intitulé « Une apologie des oisifs ». Ça me rassure, il doit y avoir de bons côtés à être paresseux. Mais je ne sais pas lesquels, je n’ai pas encore fait l’effort de le lire…

  • L’homme et la mer

    Homme libre, toujours tu chériras la mer !
    La mer est ton miroir ; tu contemples ton âme
    Dans le déroulement infini de sa lame,
    Et ton esprit n’est pas un gouffre moins amer.

    Tu te plais à plonger au sein de ton image ;
    Tu l’embrasses des yeux et des bras, et ton cœur
    Se distrait quelquefois de sa propre rumeur
    Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.

    Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets :
    Homme, nul n’a sondé le fond de tes abîmes ;
    Ô mer, nul ne connaît tes richesses intimes,
    Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets !

    Et cependant voilà des siècles innombrables
    Que vous vous combattez sans pitié ni remord,
    Tellement vous aimez le carnage et la mort,
    Ô lutteurs éternels, ô frères implacables !

    Charles Baudelaire

    Les voiles

    Quand j’étais jeune et fier et que j’ouvrais mes ailes,
    Les ailes de mon âme à tous les vents des mers,
    Les voiles emportaient ma pensée avec elles,
    Et mes rêves flottaient sur tous les flots amers.

    Je voyais dans ce vague où l’horizon se noie
    Surgir tout verdoyants de pampre et de jasmin
    Des continents de vie et des îles de joie
    Où la gloire et l’amour m’appelaient de la main.

    J’enviais chaque nef qui blanchissait l’écume,
    Heureuse d’aspirer au rivage inconnu,
    Et maintenant, assis au bord du cap qui fume,
    J’ai traversé ces flots et j’en suis revenu.

    Et j’aime encor ces mers autrefois tant aimées,
    Non plus comme le champ de mes rêves chéris,
    Mais comme un champ de mort où mes ailes semées
    De moi-même partout me montrent les débris.

    Cet écueil me brisa, ce bord surgit funeste,
    Ma fortune sombra dans ce calme trompeur ;
    La foudre ici sur moi tomba de l’arc céleste
    Et chacun de ces flots roule un peu de mon cœur.

    Alphonse de Lamartine

  • Lorsqu’ils jouent près d’un ruisseau, d’une rivière, ou d’un torrent, les enfants y jettent souvent un morceau de bois dans lequel est planté une feuille, pour voir jusqu’où leur embarcation voguera.

    Certains adultes sont tout aussi curieux et veulent explorer les mers et les océans.

    Marah est l’une de ces personnes. Avec quelques amis, elle a construit un voilier. C’est un navire traditionnel en bois, donc ça n’a pas été facile ; il leur a fallu beaucoup de travail et de patience pour en terminer la construction.

    A présent, ils peuvent profiter de ce beau bateau, et de l’inégalable sentiment de liberté qui vous habite quand vous êtes en mer, et que vous regardez la lointaine courbe de l’horizon. Loin des voitures, loin des avions, loin des villes bruyantes et lumineuses, Marah et ses compagnons respirent  un air pur et s’endorment au bruit de l’eau qui clapote contre la coque.

  • Note: I used to listen to this story when I was a kid. You can find it on Spotify on the link below. The extract I'm reading is from 6min 36s.

    https://open.spotify.com/track/45Y3F1BnUYv4hEKAM7OmE6?si=a33e6a662a264799

    – Tu confonds tout... tu mélanges tout !
    Il était vraiment très irrité. Il secouait au vent des cheveux tout dorés :
    – Je connais une planète où il y a un Monsieur cramoisi. Il n’a jamais respiré une fleur. Il n’a jamais regardé une étoile. Il n’a jamais aimé personne. Il n’a jamais rien fait d’autre que des additions. Et toute la journée il répète comme toi :
    « Je suis un homme sérieux ! Je suis un homme sérieux ! » et ça le fait gonfler d’orgueil. Mais ce n’est pas un homme, c’est un champignon !
    – Un quoi ?
    – Un champignon !
    Le petit prince était maintenant tout pâle de colère.
    – Il y a des millions d’années que les fleurs fabriquent des épines. Il y a des millions d’années que les moutons mangent quand même les fleurs. Et ce n’est pas sérieux de chercher à comprendre pourquoi elles se donnent tant de mal pour se fabriquer des épines qui ne servent jamais à rien ? Ce n’est pas important la guerre des moutons et des fleurs ? Ce n’est pas plus sérieux et plus important que les additions d’un gros Monsieur rouge ? Et si je connais, moi, une fleur unique au monde, qui n’existe nulle part, sauf dans ma planète, et qu’un petit mouton peut anéantir d’un seul coup, comme ça, un matin, sans se rendre compte de ce qu’il fait, ce n’est pas important ça !
    Il rougit, puis reprit :
    – Si quelqu’un aime une fleur qui n’existe qu’à un exemplaire dans les millions et les millions d’étoiles, ça suffit pour qu’il soit heureux quand il les regarde. Il se dit : « Ma fleur est là quelque part... » Mais si le mouton mange la fleur, c’est pour lui comme si, brusquement, toutes les étoiles s’éteignaient ! Et ce n’est pas important ça !
    Il ne put rien dire de plus. Il éclata brusquement en sanglots. La nuit était tombée.