Avsnitt
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Et si, dans 5 ou dix ans, la vraie différence entre ceux qui réussissent et les autres, ce n'était plus l'intelligence… mais la volonté de réfléchir ? Un éditorialiste star du New York Times explique comment l'IA est en train de couper la société en deux : ceux qui s'en servent pour muscler leur cerveau… et ceux qui l'utilisent pour ne plus jamais se creuser la tête. Et vous, vos enfants, de quel côté seront-ils ? La chronique d'Amid Faljaoui.David Brooks, l'un des éditorialistes les plus lus du New York Times, vient de publier dans The Atlantic une analyse qui bouscule notre rapport à l'intelligence artificielle. Sa thèse est aussi simple que dérangeante : l'IA est en train de couper la société en deux. D'un côté, ceux qui ont conservé la volonté de réfléchir. De l'autre, ceux qui n'en ont plus envie. Et ce qui frappe d'emblée, c'est que cette fracture n'a rien à voir avec l'intelligence. On connaît tous des gens brillants qui détestent faire l'effort de forcer leur réflexion. Or, l'IA est précisément la machine à ne plus forcer : elle fournit une réponse immédiate, sans effort, à la demande. C'est le rêve. Et c'est exactement ça, le piège.Les chiffres cités par Brooks sont difficiles à ignorer. Le MIT a mesuré l'activité cérébrale de personnes travaillant avec ChatGPT : elle chute de plus de la moitié. Voilà donc les deux camps qui se dessinent. Ceux qui utilisent l'IA pour réfléchir davantage deviennent plus performants, plus affûtés. Ceux qui s'en servent pour éviter l'effort s'affaiblissent, progressivement, sans même s'en rendre compte. Et le fossé entre ces deux groupes se creuse chaque jour un peu plus.La règle proposée par David Brooks est d'une simplicité désarmante : ne jamais demander à l'IA de penser à votre place. Commencer par coucher ses propres idées sur une feuille blanche. Structurer sa réflexion. Et seulement ensuite, solliciter l'IA pour qu'elle critique, enrichisse ou challenge ce qu'on a produit. Jamais l'inverse. C'est une discipline, presque une hygiène intellectuelle, qui fait toute la différence entre ceux qui se servent de l'outil et ceux qui se laissent servir par lui.Pour les parents, le message est particulièrement interpellant. On passe notre temps à dire à nos enfants : travaille bien, sois intelligent. Mais demain, l'intelligence, la machine en aura à revendre. Elle donnera à votre enfant la réponse à tout, en une seconde. C'est précisément là que réside le danger. Parce que ce qu'elle ne donnera jamais, c'est l'envie de chercher par soi-même, le goût de l'effort, le plaisir de trouver. Et cette envie-là sera la seule chose qui fera vraiment la différence. Le vrai cadeau à offrir à un enfant aujourd'hui, c'est donc de lui apprendre à aimer la difficulté, à ne pas fuir quand c'est dur. Dans le monde qui vient, celui qui aura gardé l'envie de réfléchir aura tout, ou presque. Et celui qui l'aura perdue, même très intelligent, risque de rester sur le bord de la route. --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.
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35 degrés à Uccle, le record datait de 1976, et on l’a battu trois jours d’affilée. Nous, devant la télé, on s’étonne, on se dit qu’il fait décidément très très chaud. Et ça, ça agace profondément Jean-Marc Jancovici, un ingénieur français, spécialiste des questions climatiques, et coqueluche des médias français. Son message, c’est une phrase : tout ça n’est pas une surprise. On sait depuis deux siècles que le CO2 réchauffe l’air, on a des modèles précis depuis 40 ans, donc ce qui arrive était écrit.Chez nous en Belgique, Jean-Pascal van Ypersele nous dit exactement la même chose. 50 degrés en Belgique, ce n’est plus une question de "si", c’est une question de quand. Derrière cet agacement, il y a une idée d’économiste très simple.Imaginez, une tuile se déplace sur votre toit. Vous la voyez, vous pouvez la réparer tout de suite pour 200 euros. Ou ne rien faire et attendre l’orage. Le jour où cet orage éclate, c’est 5000 euros de plafond trempé. Même problème mais pas le même prix, voilà toute l’économie du climat.Le pire coup, ce n’est jamais le coup dur. C’est le coup dur qu’on voyait venir et qu’on a laissé venir. On paye deux fois en dégâts. Et en panique.D’ailleurs, cette semaine, Doul 4 et Tihange 3 sont à l’arrêt pour lourds travaux. Donc, en pleine canicule, c’est le gaz qui prend le relais. Et le gaz, c’est l’électricité la plus chère. Or, sur le marché, attention, c’est la centrale la plus chère qui fixe le prix pour tout le monde.Donc, quand il fait chaud, on paye tous au tarif du gaz. Et pendant ce temps, la clim arrive chez nous. 3% des ménages en 2018, 10% en 2024 et davantage sans doute aujourd’hui. D’ailleurs, Elia l’a calculé : ces jours-là, refroidir peut peser jusqu’à 1000 mégawatts sur le réseau. Ce n’est donc plus un accident d’été, c’est une facture qui revient chaque année à la même date.Jean-Marc Jancovici a une belle image pour ça : le climat, dit-il, c’est de l’économie de guerre. Fabriquer un canon, ça ne crée rien, ni logement, ni voiture, ni richesse. On paye juste une assurance. On dépense pour garder ce qu’on a, pas pour avoir plus.Depuis deux siècles, on investit pour gagner plus. Le climat lui demande exactement l’inverse : sortir l’argent juste pour ne pas perdre ce que l’on a. Cette tuile, on la retrouve dans le bâtiment. À Bruxelles, par exemple, 270.000 logements laissent filer la chaleur, des passoires thermiques interdites dès 2033.Seulement, pour y arriver, il faudrait rénover trois fois plus vite. Sauf qu’il manque déjà 16.000 bras dans la construction et que le secteur cherche 100.000 personnes en 5 ans. Qui va les former ? Presque personne.Dans une entreprise, ce genre de problème porte un nom : anticiper. Regarder demain et préparer les gens. L’État, sur la transition énergétique, ne le fait pas. Il verra la pénurie le jour de l'orage. Encore une tuile, encore une facture, et au prix fort.La vraie question aujourd’hui n’est pas climatique, elle est économique. On peut payer ces étés comme des accidents, dans l’urgence, au prix fort de la panique, ou les budgétiser à froid, comme une assurance. C’est tout l’écart entre un pays qui subit et un pays qui se prépare. Pour l’instant, on regarde la tuile glisser et on rallume la télé, étonnés.Trente-cinq degrés à Uccle, du jamais vu. Et tout le monde tombe des nues. Sauf qu’on le savait. Depuis quarante ans. Alors ce matin, notre chroniqueur économique Amid Faljaoui ne va pas vous parler du thermomètre. Il va vous parler de ce que ça coûte, en euros, de faire semblant d’être surpris. Et croyez-moi, la facture est salée. --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.
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Saknas det avsnitt?
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Hier je vous parlais de Fabien Pinckaers, le patron d’Odoo, un des entrepreneurs les plus connus du pays : il a poussé un sacré coup de gueule à cause d’une proposition du parti des Engagés, à savoir taxer les gros patrimoines financiers au-delà de 500.000 euros.Vous imaginez le débat, de plus en plus fort depuis quelques jours… D’un côté, ceux qui ne comprennent pas qu’un homme aussi riche refuse de payer. De l’autre, ceux qui le défendent. Et, pour eux, cette richesse est virtuelle. Ce sont des actions, pas du cash. Bref, on taxerait une fortune qu’il n’a même pas dans sa poche. Ce cas de Fabien Pinckaers résume à lui seul tout le piège belge.Le premier enseignement : chez nous, augmenter les impôts, c’est presque impossible. Parce que tout le monde dit non. Les salariés vous disent "on est déjà trop taxés ". Et ils ont raison. Les indépendants vous disent "ce n’est pas possible, on prend déjà tous les risques". C’est vrai aussi. Les entreprises que le coût du travail est déjà trop lourd. Elles ont raison aussi. Que disent les pensionnés ? On a cotisé toute notre vie, ce n’est pas possible.Chaque parti politique dit d’accord pour une taxe, ou une nouvelle taxe, mais pas sur mon électorat.Le deuxième enseignement : certains répondent, c’est simple, réduisons le train de vie de l’État. Sur le papier, c’est logique comme raisonnement mais, dans la vraie vie, c’est très difficile parce que, dès qu’on demande quoi couper, le consensus s’effondre. Faut-il couper les pensions ? Les soins de santé ? Trop sensible ! Faut-il couper les subsides aux entreprises ? Trop sensible. Puis chacun son lobby.N’oubliez pas que derrière chaque niche fiscale, il y a un chien qui aboie. La différence est là. Une taxe, on peut la présenter comme visant les autres. Mais une coupe budgétaire, elle finit toujours par toucher quelqu’un de très concret.Certains diront mais il y a encore une troisième piste : rendre l’État beaucoup plus efficace qu’il ne l’est aujourd’hui. Moins de doublons entre niveaux de pouvoir, plus de numérique, moins de paperasse. On empile le fédéral, les régions, les communautés, les provinces, les communes.Mais, attention, l’efficacité, c’est une réforme de chirurgien, pas de pompier. Ça rapporte beaucoup sur 10 ans, mais très très peu sur 12 mois. Or, le budget, lui, il brûle maintenant et pas demain.Dans ce cas, quelle est la vraie solution ? Une seule, vraiment solide, augmenter le taux d’emploi. Parce que dès qu’il y aura plus de gens au travail, vous aurez un triple gain : vous aurez plus de cotisations sociales, plus d’impôts et moins d’allocations. C’est la seule porte de sortie qui évite ce fameux choix entre taxer et couper.D’ailleurs, c’est le pari de ce gouvernement. Mais vous vous en doutez, il y a un "mais". Les effets de cette solution sont lents. Très lent. Exemple, on ne transforme pas en deux ans une personne inactive en travailleur productif.Le coup de gueule de Fabien Pinckaers, ce n’est pas qu’une histoire de riche, c’est le symptôme d’un pays qui est coincé. Il est trop taxé pour taxer plus, il y a trop de dépenses sensibles pour les couper vite, et une seule vraie issue : augmenter le taux d’emploi qui demande, lui, du temps, beaucoup de temps.Un des patrons les plus connus du pays menace de quitter la Belgique. La raison ? Une nouvelle taxe sur les grandes fortunes. Mais derrière ce coup de gueule, il y a une question bien plus large, qui nous concerne tous : Augmenter les impôts ? Tout le monde dit non. Réduire les dépenses ? Encore plus compliqué. Alors, où est la sortie ? La réponse, juste après, dans la chronique d’Amid Faljaoui. --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.
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En gros, si vous avez plus de 500.000 euros placés sous forme de compte-titres, d’actions, d’obligations, de fonds… vous payerez chaque année un pourcentage sur ce qui dépasse les taux d’imposition montrés par palier, jusqu’à 0,6% pour les montants de plusieurs millions.Sur le papier, ça se tient. Le travail est déjà archi-taxé. L’État est à la recherche de milliards qu’il ne trouve pas. Que les gros patrimoines mettent davantage la main au portefeuille, c’est un petit peu normal.Sauf que la polémique a vraiment explosé quand un nom est apparu sur les réseaux sociaux, celui de Fabien Pinckaers, le fondateur d’Odoo. Il prend rarement la parole mais, cette fois-ci, il a dit "je risque gros, donc je prends la parole".D’abord, il a dit clairement : si cette taxe s’applique à moi comme ça, je quitterai la Belgique. Ensuite, il a expliqué un point que beaucoup de gens ont du mal à croire : il dit n’avoir qu’environ 100.000 euros sur son compte bancaire personnel, alors qu’il est, sur le papier, multimilliardaire.Beaucoup de gens doivent se dire, il se moque de qui Fabien Pinckaers ? Il est ultra-riche et il ne veut pas payer 0,6%. C’est là que le débat devient intéressant parce que ça touche à une confusion massive entre deux choses. Il y a la richesse visible sur le papier et il y a l’argent réel disponible pour payer l’impôt.Fabien Pinkars est effectivement virtuellement très riche parce qu’il possède plus de la moitié des actions d’Odoo. Mais cette richesse n’est pas sur son compte. Elle est enfermée dans l’entreprise, dans le capital, dans les équipes, dans le produit, dans la croissance. Ce n’est pas du cash, c’est de la valeur. Et c’est là que la mécanique fiscale coince.Si on applique la taxe des Engagés à cette valeur-là, la note se compte en dizaines de millions par an, 30 millions dans son cas. Et pour payer, Fabien Pinckaers n’a que deux options : soit il se verse des dividendes massifs, soit il vend une partie de ses actions. Dans les deux cas, il fragilise le contrôle de son entreprise, qu’il a créée par lui-même il y a quelques années de ça.C’est ça le cœur du débat. Une action Odoo dans les mains de son fondateur, ce n’est pas une action Apple dans un portefeuille titres. D’un côté, vous avez un placement liquide, vous vendez, vous payez l’impôt. De l’autre, vous avez un outil industriel, un centre de décision, des emplois à la clef, des exportations, des impôts futurs, etc.Autrement dit, il y a une énorme différence entre le mot "valeur" et le mot "liquidité". Une entreprise peut valoir effectivement des milliards sans que son fondateur ait plus de 100.000 euros sur son compte à titre privé.La vraie question n’est donc pas : faut-il taxer les riches ? La vraie question c’est : est-ce qu’on veut taxer exactement pareil un "rentier" qui vit d’un portefeuille liquide, et un entrepreneur dont la richesse est enfermée dans son entreprise ?Un pays intelligent ne doit pas choisir entre justice fiscale et ambition entrepreneuriale. Il doit faire les deux. La Belgique adore parler de start-up, de scale-up, de champion. Mais le jour où un champion apparaît vraiment, il ne faut pas le traiter comme un simple coffre-fort qu’on peut vider quand on veut. Sinon le message envoyé aux entrepreneurs en Belgique sera très limpide : vous pouvez réussir, mais pas trop. Et ça, pour une économie qui cherche désespérément ses champions, c’est une faute grave, c’est une faute stratégique.Fabien Pinckaers, le fondateur d’Odoo, menace de quitter la Belgique.Pourquoi ? Parce qu’une nouvelle taxe sur les grands patrimoines pourrait lui coûter 30 millions d’euros par an.Mais son argent n’est pas sur un compte en banque : il est dans son entreprise.Alors, faut-il taxer une licorne wallonne comme un simple portefeuille financier ?Réponse avec Amid Faljaoui notre chroniqueur économique. --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.
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Avant, une guerre s'arrêtait quand les cercueils s'accumulaient. Aujourd'hui, elle s'arrête quand le plein d'essence devient trop cher. Le seuil de tolérance n'est plus le nombre de morts. C'est le prix à la pompe. Comment en est-on arrivé là ? Amid Faljaoui vous explique dans sa chronique économique.Lors d'un débat récent sur la souveraineté énergétique en Europe, présidé par le président du MR Georges-Louis Bouchez, ce dernier a prononcé une phrase qui résume à elle seule une bascule historique : l'Occident ne supporte plus les morts à la guerre. Et désormais, ce n'est même plus une question de mort — c'est devenu une question de pouvoir d'achat, une question de prix à la pompe. Dans nos démocraties, le seuil de tolérance ne se mesure plus en cercueils recouverts de drapeaux, mais en centimes sur le litre. Depuis la guerre du Vietnam, l'opinion publique ne supporte plus de voir rentrer les corps. On a donc inventé la guerre à distance : les frappes "propres", les drones, les soldats absents du terrain.Mais aujourd'hui, on a peut-être franchi un cap supplémentaire. La guerre ne se règle plus seulement par le nombre de cercueils — elle se règle aussi par l'affichage lumineux des stations-service. C'est précisément ce qui s'est produit fin février, lorsque les frappes américaines et israéliennes contre l'Iran ont entraîné la fermeture du détroit d'Hormuz, provoquant une envolée immédiate des prix du baril.Pendant la guerre du Vietnam, le président Lyndon Johnson recevait chaque soir un bilan : le nombre de soldats américains tués. C'était son indicateur de guerre, son tableau de bord. Aujourd'hui, Donald Trump surveille d'autres courbes : celles du prix du pétrole, de l'inflation, du moral du consommateur — et, bien sûr, du calendrier électoral. La guerre n'a pas disparu, mais elle a changé d'unité de mesure.Le seuil de tolérance n'est plus humain. Il est devenu financier. Tant que le pétrole reste bon marché, plus rien — ou presque — ne nous retient. Et c'est là que la situation devient véritablement préoccupante : nos derniers garde-fous ne sont plus notre conscience, ni même nos principes. Ils sont devenus le prix du litre d'essence. La prochaine fois que vous ferez le plein, posez-vous donc cette question : êtes-vous vraiment contre la guerre, ou seulement contre la hausse du prix du carburant ?--- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.
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Un avion F-35 ou des profs ? On vous a vendu ce débat cette semaine. Amid Faljaoui, notre chroniqueur économique, vous explique pourquoi c'est un faux choix. Et pourquoi les deux camps vous racontent une histoire un peu arrangée.Le slogan circule depuis quelques jours : "on achète des avions F-35 et donc on doit couper dans l'enseignement." Efficace, simple, presque impossible à oublier. Mais dans la réalité budgétaire belge, les choses sont sensiblement plus compliquées. En Belgique, tout l'argent public n'est pas logé dans la même caisse. La Défense dépend du gouvernement fédéral, l'enseignement francophone dépend de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Ce sont deux niveaux de pouvoir, deux budgets distincts, deux règles de financement différentes. Même si la Belgique renonçait à ses F-35, l'argent économisé n'irait pas automatiquement vers les écoles francophones. Il ne suffirait pas d'annuler un avion pour engager des professeurs.Si ce slogan rencontre autant d'écho, ce n'est pas seulement parce que les citoyens méconnaissent les arcanes du fédéralisme belge. C'est parce qu'ils perçoivent très bien une asymétrie de traitement : quand l'État veut financer une priorité, il trouve les mots pour la justifier. Pour la Défense, on invoque des obligations stratégiques, l'OTAN, la sécurité collective, la guerre en Ukraine. Pour l'enseignement, le registre change : on parle d'économies, de rationalisation. C'est précisément ce décalage qui choque — pourquoi certaines dépenses sont-elles présentées comme inévitables, tandis que d'autres services essentiels apparaissent systématiquement comme trop coûteux ?Le malaise tient aussi à la complexité extrême du modèle institutionnel belge. Plus personne ne sait vraiment qui est responsable de quoi. Or, dans une démocratie, l'illisibilité est un poison. Quand les circuits de décision deviennent trop opaques, les formules simplifiées prennent le relais. Ce n'est pas toujours de l'ignorance — c'est souvent une réaction rationnelle face à un système devenu impossible à décoder.Mais il faut aussi regarder l'autre face du problème. La Fédération Wallonie-Bruxelles ne peut pas se contenter d'invoquer l'insuffisance des moyens. Elle doit également se demander comment elle utilise l'argent disponible. La coexistence de plusieurs réseaux scolaires génère des doublons : administrations, directions, bâtiments, services et structures parallèles. Certaines de ces rigidités sont anciennes. Certaines réformes sont politiquement explosives — et c'est précisément pourquoi elles sont repoussées. La vraie question n'est donc pas seulement de savoir s'il faut davantage d'argent pour l'école, mais aussi comment faire en sorte que chaque euro qui lui est consacré produise davantage d'effets concrets pour les élèves et les enseignants. Si nous ne sommes plus capables d'expliquer clairement pourquoi nous finançons la défense et pourquoi nous économisons sur l'enseignement, le problème n'est pas simplement budgétaire — il est démocratique. --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.
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Cette arme, elle ne coûte rien, elle dort au fond de la mer, et vaut 300 milliards de dollars. Le prix que les États-Unis viennent d’accepter de payer à l’Iran. Cette arme, c’est un détroit. Le détroit d’Ormuz : un cinquième du pétrole mondial passe par là.Un conseiller du guide suprême l’a d’ailleurs dit récemment, et sans détour, Ormuz vaut une bombe atomique. Il a raison, voici pourquoi : une bombe atomique, ça ne sert qu’à menacer, en réalité. L’utiliser ferait de vous un paria pour l’éternité.Souvenez-vous de Poutine en 2022, il n’a jamais lancé la moindre ogive nucléaire sur l’Ukraine. Il a juste laissé planer le doute, la menace. Et ça a suffi à bloquer, à figer tout l’Occident.Le détroit d’Ormuz, c’est encore plus fort parce que vous pouvez vous en servir pour de vrai. Et l’Iran s’en est servi. 43 navires visés, 17 touchés, 2 coulés, 11 marins tués. La communauté internationale a regardé, médusée, incapable de rouvrir ce passage.Le résultat ? Le prix du litre à la pompe, de Houston à Namur, se décide aujourd’hui à Téhéran. D’ailleurs, un diplomate français a très bien résumé tout cela d’une formule cruelle : Dieu a inventé la guerre pour que les Américains apprennent la géographie. Parce qu’on ne peut pas vaincre la géographie.On peut bombarder un site nucléaire, mais on ne peut pas bombarder un détroit. Alors les Américains ont finalement signé : mercredi soir, à Versailles, Donald Trump a paraphé un accord de paix.Sur le papier, l’Iran promet de renoncer à la bombe atomique. En échange : levée des sanctions, dégèle des comptes iraniens bloqués depuis des décennies et un fonds de reconstruction de 300 milliards de dollars. 300 milliards pour débloquer un détroit qui n’était pas bloqué il y a 4 mois. Tout ça pour ça.Mais le véritable danger, il est ailleurs. Celui dont personne ne parle, ou presque. L’Iran vient d’ouvrir une boîte de Pandore. Il a montré au monde entier que cette arme du Détroit, elle existe. Et qu’en plus, elle marche et ne coûte presque rien.Téhéran fait déjà payer un péage aux pétroliers et en cryptomonnaie. Or, les détroits comme Ormuz, il y en a plein d’autres. Le détroit de Malacca, par où passe 20% du commerce mondial. Le détroit de Gibraltar, le détroit du Bosphore, Taïwan. Même la Manche elle-même, par où transitent 12% des marchandises.Demain qui empêchera un pays de rançonner les navires d’un voisin qu’il n’aime pas ? La réponse, elle fait peur : personne.Voilà la véritable leçon de cette guerre : les Occidentaux, c’est vrai, pèsent 60% des dépenses militaires de toute la planète. Mais ils n’arrivent pas à rouvrir une artère vitale pour leur prospérité.L’Iran cherchait la bombe, l’Iran a trouvé mieux : la géographie. --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.
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Tous les manuels disent la même chose : en temps de crise, de guerre, on se rue sur l'or. Mais cette fois, l'or n'a pas grimpé. Il s'est effondré. Près de 27 % de chute en pleine guerre en Iran. Comment le refuge suprême a-t-il pu trahir au pire moment ? Et pourquoi remonte-t-il maintenant que la paix s'annonce ? Réponse dans la chronique d'Amid Faljaoui. Indice : ça n'a rien à voir avec la guerre.Quand une guerre éclate, l'or est censé être la valeur refuge par excellence — celle qui protège quand les marchés paniquent et quand l'incertitude domine. Pourtant, depuis le début du conflit entre les États-Unis, Israël et l'Iran, il se passe exactement l'inverse : l'or chute fortement, ce qui semble profondément contre-intuitif. Première explication : quand les investisseurs perdent de l'argent, ils vendent ce qui a bien performé. Or, l'or était l'un des grands gagnants des marchés ces derniers mois. Certains ont donc été contraints de le céder pour reconstituer des liquidités.Deuxième explication, plus technique : lorsqu'un marché chute brutalement, certains investisseurs reçoivent ce qu'on appelle un appel de marge. Leur intermédiaire financier leur demande de remettre des fonds pour couvrir leurs pertes. Dans l'urgence, ils vendent ce qui se liquide le plus facilement — et l'or figure parmi les actifs les plus liquides au monde. Résultat : même les valeurs refuge peuvent être sacrifiées au pire moment.Troisième explication : les taux d'intérêt. Les derniers chiffres de l'emploi américain ont été meilleurs que prévu, ce qui laisse penser que la banque centrale américaine pourrait retarder ses baisses de taux. Quand les taux restent élevés, les obligations d'État américaines deviennent plus attractives. Pourquoi détenir de l'or — qui ne rapporte ni intérêt ni dividende — quand des emprunts d'État offrent un rendement solide ? Cette concurrence pèse mécaniquement sur le métal jaune.Il existe un autre acteur souvent oublié dans l'équation : les banques centrales. Ces dernières années, elles ont été les grandes acheteuses d'or. La Chine, l'Inde, la Turquie et plusieurs pays émergents ont accumulé des réserves à un rythme inédit. Mais certaines d'entre elles peuvent aussi devenir vendeuses, lorsqu'elles ont besoin de financer leur économie ou de soutenir leur monnaie. La bonne nouvelle pour les partisans du métal précieux : cette demande structurelle reste très forte. La leçon à retenir est simple — l'or n'est pas une valeur magique. Quand tout le monde s'attend à le voir monter, il lui arrive parfois de faire exactement l'inverse. C'est peut-être la première règle des marchés : ils adorent prendre les investisseurs à contre-pied. --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.
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La paix avec l'Iran sera signée vendredi à Genève. Tout le monde respire. Sauf qu'il y a un hic : le vrai perdant de cette guerre n'est peut-être pas celui que vous croyez. Le vrai sujet se joue du côté du pétrole, du Golfe… et du dollar. Notre chroniqueur économique Amid Faljaoui a déterré une phrase de Kissinger qui résume tout — et qui fait froid dans le dos.Cette semaine, un journaliste israélien très proche de Netanyahou a ressorti une vieille formule de Henry Kissinger : "Être l'ennemi de l'Amérique est dangereux, mais être son ami peut être fatal." Cette phrase n'est pas anodine. Elle est au cœur du véritable séisme économique de la semaine. Car si l'accord de paix avec l'Iran signé ce vendredi à Genève fait la une de tous les médias — Téhéran, Israël, le nucléaire —, le vrai sujet économique se joue ailleurs. Il se joue dans le Golfe, en Arabie Saoudite, au Qatar, aux Émirats.L'accord lui-même n'est pas un règlement définitif : c'est un cessez-le-feu prolongé de 60 jours. Le détroit d'Hormuz rouvre progressivement et le pétrole recommence à circuler sous surveillance. Mais la trêve reste fragile — le détroit peut se refermer du jour au lendemain. Un tel accord ne suffit pas à rassurer un investisseur, un assureur ou un client. Et c'est précisément là que le problème commence.Toute l'économie des pays du Golfe repose sur un pari simple, reconduit depuis plus de 50 ans : l'Amérique garantit que leur pétrole passe. En échange, les pays du Golfe achètent américain, investissent américain et facturent en dollars. Un contrat tacite, jamais signé, mais jusqu'ici respecté. Or les dirigeants du Golfe sont aujourd'hui furieux. Washington a lancé cette guerre contre leur avis, et l'Iran les a ciblés en représailles — alors qu'ils n'avaient rien demandé. C'est là que la phrase de Kissinger résonne avec une acuité particulière.D'après le Financial Times, deux options s'ouvrent désormais pour ces pays. Première option : continuer à miser sur l'Amérique, quitte à se rapprocher encore davantage d'Israël — c'est notamment le choix des Émirats Arabes Unis, qui comptent sur le dôme de fer israélien plus que sur la protection américaine. Deuxième option : considérer que l'Amérique est devenue trop imprévisible, et chercher discrètement un arrangement avec l'Iran.Si le Golfe commence à diversifier ses alliances, les conséquences pourraient être considérables : des fonds souverains qui regarderont ailleurs, des contrats d'armement qui changeront de main. Et, à terme, la question qui fâche : faut-il toujours tout facturer en dollars ? Le pétrodollar ne repose pas que sur la force militaire. Il repose d'abord et avant tout sur la confiance — sur l'idée que l'allié américain est solide, prévisible, et qu'il répond présent quand il le faut.Cette confiance vient de se fissurer. En cherchant à affaiblir l'Iran, c'est peut-être l'influence américaine dans le Golfe qui s'est elle-même affaiblie. La fiabilité est l'actif le moins cher à entretenir — mais le plus coûteux à reconstruire, une fois perdue. --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.
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Qui va payer nos crèches, nos hôpitaux, nos logements, alors que l'État est endetté, que des communes wallonnes se voient refuser un prêt par leur banque, et que la BCE vient encore de compliquer l'équation. C'est la question que pose notre chroniqueur économique Amid Faljaoui.Qui va financer la ville de demain ? Derrière cette question un petit peu abstraite, il y a notre quotidien, les écoles, les crèches, les hôpitaux, les logements qu'il faut construire, rénover, entretenir. Un seul chiffre pour mesurer l'urgence : rien qu'en Wallonie, près de 50 000 ménages attendent un logement public.Qui va payer ? L'État ? Sauf que l'État est endetté jusqu'au cou. Deuxième réponse : le privé. Mais le privé veut du rendement, ce qui veut dire qu'un projet qui ne rapporte pas, ne se fera pas. Quant aux communes, elles sont à sec.À tel point que récemment, des grandes villes wallonnes, comme Liège, Charleroi ou encore Mons, n'ont pas réussi à obtenir de prêts classiques auprès des banques. Il a donc fallu un dispositif spécial, le plan Oxygène, avec l'intervention de la région, pour que les financements puissent finalement se boucler.Et ce n'est pas fini. Depuis janvier dernier, la réforme du chômage prévoit l'exclusion progressive de dizaines de milliers de personnes de leurs allocations. Et où vont-elles frapper ces personnes ? Aux portes des CPAS, c'est-à-dire à la commune. Et même si l'État fédéral promet des compensations, les associations de villes et de CPAS parlent déjà de centaines de millions d'euros de charges supplémentaires. De l'argent que les communes n'ont évidemment pas dans leur portefeuille.Les choses se compliquent encore car la Banque Centrale Européenne a relevé ses taux d'intérêt jeudi dernier. Officiellement, c'est pour lutter contre l'inflation, qui est tirée notamment par le prix du pétrole et les tensions autour du détroit d'Ormuz. Sauf que quand le trafic reprend et que le pétrole retombe, l'inflation a tendance à refluer d'elle-même. Au final, la BCE a serré le frein pile au moment où la route commençait à se dégager.Pendant des années, la Banque Centrale Européenne rachetait massivement de la dette publique des États, ce qui gardait l'argent bon marché. Mais depuis deux ans, elle s'est retirée. Elle ne rachète plus et du coup la Belgique, notamment, emprunte plus cher. La ville de demain a besoin d'argent, l'État n'en a plus, les communes n'en ont plus, le privé veut du rendement et la Banque Centrale renchérit le coût de l'emprunt. Voilà le casse-tête aujourd'hui. --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.
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La société américaine Anthropic a passé des mois et des mois à répéter que son intelligence artificielle était trop dangereuse pour le monde entier. Vendredi soir, Donald Trump l’a prise au mot. Le gouvernement américain a interdit l’accès aux modèles les plus puissants d’Anthropic à tout ce qui n’est pas américain de nationalité. Les clients européens, les entreprises étrangères et même les ingénieurs non-américains de la maison. Motif officiel : sécurité nationale.Le plus ironique, c’est celui qui a allumé la mèche. Ce n’est pas un concurrent, c’est Amazon, l’un des premiers actionnaires d’Anthropic, qui a injecté des milliards dans la boîte. Et ses propres chercheurs ont testé le dernier modèle et ont réussi à lui faire cracher des informations utilisables pour des cyberattaques. Exactement ce qu’Anthropic jurait avoir rendu impossible. Un coup de fil au Trésor américain plus tard, et la machine s’est emballée.C’est une véritable leçon de stratégie pour n’importe quel dirigeant. Pendant des années, Dario Amodei, le patron d’Anthropic, a construit toute sa marque sur un seul message : notre intelligence artificielle est si puissante qu’elle est en quelque sorte une menace. Il faut donc la réguler, peut-être même la ralentir. Ce discours, c’était un actif. Il impressionnait les investisseurs, il justifiait des valorisations absolument vertigineuses, il transformait Anthropic en bon élève éthique de la Silicon Valley.La peur, effectivement, ça se vend très très bien. Sauf qu’un récit n’est jamais neutre. Le jour où votre propre gouvernement vous prend en sérieux, l’actif se transforme en passif. La peur que vous vendiez devient l’arme qu’on retourne contre vous. Et là, le timing est cruel. Parce qu’Anthropic prépare son entrée en bourse. Elle est valorisée à plus de 1000 milliards de dollars. Ce n’est pas n’importe quoi.D’un côté, il faut convaincre les marchés que tout roule très bien. De l’autre, on vient de la couper d’une partie de la planète : les clients européens, les grandes banques qui testaient ces modèles, tout ce beau monde se retrouvent gelé du jour au lendemain.Le chercheur français Yann Lecun a résumé l’affaire en une phrase : on récolte ce qu’on sème. Ce n’est pas qu’Anthropic ait menti le problème, c’est qu’elle a peut-être trop bien dit la vérité. Et qu’à force de marteler que sa technologie était une arme, elle a fini par être traitée comme un marchand d’armes. --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.
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La banque Belfius augmente le rendement de son compte d’épargne Flow. A partir du 1er juillet prochain, ce compte rapportera 3,10%. C’est beaucoup. En tout cas, c’est plus que plusieurs concurrents récents qui plafonnent à 2,90% ou à 3%. Vu comme ça, on pourrait se dire, enfin les banques bougent, enfin les banques recommencent à se battre pour notre épargne. C’est vrai. Mais seulement en partie. Parce que dans l’épargne, le chiffre qui brille n’est pas toujours le chiffre qui compte. Le chiffre qui brille ici, c’est 3,10%. Mais le chiffre qui compte, c’est 600 euros par mois. Parce que le compte Flow de Belfus est plafonné. Vous ne pouvez pas y verser tout ce que vous voulez. Vous pouvez y placer maximum 600 euros par mois sur un an. Cela fait 7200 euros.C’est déjà mieux que certains concurrents qui limitent leur compte comparable à 500 euros par mois. Donc, oui, Belfius marque un point. Mais il faut bien comprendre ce que cela signifie. Si vous avez 10.000, 30.000 ou 50.000 euros qui dorment, si je puis dire, sur votre compte, vous ne pouvez pas simplement tout transférer sur ce compte Flow et toucher 3,10% sur toute la somme. Non, vous entrez petit à petit, mois après mois, par tranche de 600 euros.C’est donc un bon compte pour quelqu’un qui épargne régulièrement. Ce n’est pas forcément la grande solution pour quelqu’un qui a déjà un capital important à placer. Et puis, deuxième nuance, et elle est encore plus importante, les 3,10% ne tombent pas automatiquement dans votre poche. Ce rendement est composé de deux parties : un taux de base de 1,60% et une prime de fidélité de 1,50%.Le taux de base, c’est la partie la plus saine. Par contre, la prime de fidélité, elle, demande une condition : votre argent doit rester sur le compte pendant 12 mois complets. Et si vous retirez avant, vous perdez cette prime sur les montants concernés.Donc quand une banque annonce 3,10%, elle ne ment pas, mais elle parle d’un rendement sous condition. Il faut laisser l’argent en place, il faut respecter le calendrier, il faut accepter que le meilleur taux soit donc réservé à l’épargnant patient.Là, on voit mieux ce que font les banques… Elles ne deviennent pas soudainement généreuses, elles deviennent simplement plus habiles : elles proposent des comptes très visibles, avec de beaux taux, mais sur des montants limités et avec des conditions précises.C’est une manière d’attirer les clients sans devoir rémunérer fortement toute l’épargne qui dort déjà dans leur coffre. En clair, elle paye un bon taux sur une petite partie de votre argent, pas nécessairement sur toute votre épargne. Le volume est d’ailleurs trop important et aucune banque belge ne pourrait se le permettre.Mais il y a encore un dernier arbitre dans cette histoire. Cet arbitre ne s’appelle pas Belfius, Argenta, BNP Paribas Fortis, ING ou que sais-je encore. Il s’appelle l’inflation. Car si votre compte rapporte 3,10%, mais que les prix augmentent presque autant, ou davantage (ce qui est le cas aujourd’hui), votre argent ne s’enrichit pas vraiment. Il court derrière le coût de la vie.Alors, c’est vrai, il perd moins vite peut-être, mais il ne gagne pas réellement en pouvoir d’achat. Et c’est cela que l’on oublie souvent. On compare les banques, on regarde qui offre 2,90%, 3%, 3,10%, on fait un classement, on désigne un gagnant.Mais le vrai match n’est pas entre telle ou telle banque. Le vrai match, c’est votre épargne contre l’inflation. Et sur ce terrain-là, la victoire est beaucoup moins évidente.Ça ne veut pas dire qu’il faut ignorer ses comptes. Au contraire, si votre argent dort sur un vieux compte mal rémunéré, il faut regarder ce qui existe, il faut comparer, il faut parfois déplacer son épargne. Les banques, toutes sans exception, comptent souvent sur notre inertie. Elles savent que beaucoup de clients ne bougent pas, même quand ils pourraient gagner un petit peu plus ailleurs.Donc, oui, Belfius entre dans la bataille des comptes d’épargne. Oui, les banques commencent à refaire des efforts. Oui, l’épargnant peut en profiter un peu. Mais non, ce n’est pas encore la revanche de l’épargnant, parce qu’on oublie une chose : l’inflation. --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.
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Ce vendredi, c'est la plus grande introduction en bourse de toute l'histoire : SpaceX, la société de fusées d'Elon Musk, arrive sur le Nasdaq, la bourse américaine. Sa valeur affichée : 1 800 milliards de dollars.1 800 milliards de dollars, ça ne veut rien dire, c'est trop gros d'ailleurs pour notre imagination. Donc la véritable question est : qu'est-ce qu'on achète en vérité quand on achète des actions SpaceX ?Ce qu'on vous vend d'abord, c'est du rêve. Des fusées qui se posent toutes seules avec la planète Mars au bout du chemin. Et, depuis peu, de l'intelligence artificielle installée également dans l'espace. Bref, c'est du grand frisson.Sauf que, première surprise, cette entreprise de génie perd de l'argent. Et beaucoup d'ailleurs. L'an dernier, près de 5 milliards de dollars. Alors comment pourrait-elle valoir demain 1 800 milliards de dollars?Dans SpaceX, il n'y a pas une entreprise, il y en a trois. Les fusées d'abord. Ca c'est beau, mais ça gagne tout juste de quoi vivre. Il y a ensuite l'intelligence artificielle que Musk a rachetée à lui-même cette année. Et ça, ça brûle de l'argent sans compter. Et puis, la troisième société : celle qui paye pour les deux autres.Imaginez une famille avec une personne qui ramène le salaire et puis les deux autres qui dépensent tout le reste. Le salaire ici, c'est la troisième société. Cette troisième société, elle s'appelle Starlink. Starlink, c'est l'Internet par satellite.Une antenne qu'on pose sur le toit pour les gens qui n'ont pas le câble. En pleine campagne, sur un bateau, dans un avion, vous branchez, vous payez chaque mois et vous avez Internet là où il n'y avait rien. Et ça, ça marche très très fort. 11 milliards de dollars de revenus.On a fait le calcul, sur 10 dollars que gagne SpaceX, 6 milliards viennent de cette antenne. Pour quelle raison? Parce qu'une fois que les satellites sont placés là-haut, un client de plus ne coûte presque rien : il paye chaque mois, l'argent rentre tout seul et, du coup, le nombre de clients explose. 2 millions il y a 2 ans, et déjà 10 millions aujourd'hui.Voilà donc la véritable photo : la fusée fait le spectacle, l'intelligence artificielle fait la promesse et l'antenne, elle, fait la caisse.Il existe des sociétés dont le métier est de dire ce qu'une entreprise vaut réellement. Une des plus respectées s'appelle Morningstar. Morningstar a additionné ce qui existe vraiment, les fusées et Starlink et ça donne 780 milliards. Pas 1800, 780.Les 1000 milliards qui manquent, ils viennent d'où? D'un pari. Le pari que Musk réussira un jour à mettre son intelligence artificielle dans l'espace et que ça, ça rapportera... mais personne n'en sait rien. Elon Musk lui non plus d'ailleurs.Là on touche au secret du génie de Musk. On l'a vu d'ailleurs avec Tesla. Pendant des années, l'action montait, montait, montait, alors que les chiffres ne suivaient pas. Les gens y croyaient, un point c'est tout.On dit d'ailleurs souvent que Musk n'est pas à la tête d'une entreprise, mais d'une religion, d'une église, et que ses actionnaires, en quelque sorte, ce sont ses fidèles. Du coup, avec lui, la bourse ce n'est plus du calcul, c'est de la foi.On vous vend une fusée, on vous facture un pari sur l'intelligence artificielle, et la seule chose qui marche vraiment, c'est une antenne sur votre toit. Tout le reste c'est de la croyance. Et la croyance en bourse, ça peut vous porter très haut, très longtemps, jusqu'au jour où les fidèles se mettent à douter... --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.
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Vous avez peut-être entendu un chiffre qui choque, qui claque : il y a plus d'un quart de million de Belges qui travaillent, je cite, au noir, mais légalement. Il s'agit des flexi-jobs. On vous dit que c'est un scandale qui vide les caisses de l'État. Ce qu'on lit n'est pas tout à fait faux, mais ce n'est pas tout à fait juste non plus.C'est quoi un flexi-job ? C'est un petit boulot en plus. Mais il y a une règle : pour en exercer un, vous devez déjà avoir un véritable emploi à côté au moins 4 jours sur 5. Et sur cet emploi-là, vous payez vos impôts normalement. Seules les heures supplémentaires, le petit extrait du week-end sont détaxées.Retenez donc ça : un flexi-job, ce n'est jamais le seul revenu de quelqu'un, c'est toujours un deuxième revenu.Prenons l'exemple d'un restaurant. Deux personnes sont au comptoir, elles font exactement le même service. L'une est salariée fixe, elle paye donc ses impôts, ses cotisations, l'autre fait un extra en flexi-job et garde tout.Vu comme ça, c'est vrai que ça paraît injuste. Sauf que la deuxième personne a déjà un emploi taxé ailleurs (un salaire principal et un complément). C'est pas tout à fait la même chose.Pourquoi est-ce que tout ça énerve? Il y a deux raisons, je pense. La première raison, c'est le mot. Un député flamand parle de travail au noir légalement. C'est vrai que la formule fait mouche, mais n'a pas de sens. Le travail au noir, c'est caché. Le flexijob, c'est exactement l'inverse. C'est déclaré, c'est enregistré et le patron paye même une cotisation à l'État. Donc non, ce n'est pas du noir. Ce qui est vrai c'est que le travailleur ne paye pas d'impôt sur ces heures-là, sur ces heures supplémentaires. L'État gagne donc moins que sur un emploi classique. Les estimations vont de 100 à près de 500 millions d'euros. Deuxième raison, et c'est la véritable raison : est-ce que le flexi-job mange les emplois normaux? Le système est né en 2015 pour aider les cafés et les restaurants à passer les coups de feu. C'est très très bien comme idée.Sauf qu'aujourd'hui, une entreprise sur huit qui emploie des flexi-jobs ne travaille presque plus qu'avec ce genre de système ou avec des étudiants. Le bouche-trou devient le mur. Et ça, c'est vrai, c'est un problème.Mais soyons justes, la plupart des flexijobbers gagnent très peu, en moyenne 1900 euros par an. Ce n'est pas une fortune et ce sont souvent des pensionnés qui gardent un pied dans la vie active ou des gens qui bouclent leur mois. Ce n'est donc pas une armée de tricheurs, contrairement à ce qu'on voudrait dire.Ce qui va arriver dès le 1er juillet prochain, le flexi-job pourrait s'ouvrir à tous les secteurs. Ce n'est pas encore voté pour de bon, mais c'est l'intention, y compris pour les soins de santé.Or, déjà aujourd'hui, un Flexi-job sur cinq travaille dans le secteur de la santé ou de l'enseignement. Des métiers justement qui manquent déjà de bras. Le danger c'est qu'un infirmier lâche son mi-temps fixe pour des heures flexi mieux payées. On n'a pas gagné un soignant de plus, on a juste déplacé celui qu'on avait.La presse ne ment donc pas, mais elle vous raconte la moitié de l'histoire. Le flexi-job n'est ni bon ni mauvais. La vraie question est simple : est-ce une rustine? Ou est-ce devenu un pneu? Une rustine, ça dépanne une crevaison un soir de coup de feu. C'est bien pratique, mais rouler toute l'année sur des rustines, évidemment, ça finit par lâcher. Et donc la Belgique a inventé un bon système de dépannage. Le problème commence ou commencera le jour où elle roule dessus toute l'année. --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.
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"Citez-moi trois Chinois célèbres et vivants ?" La question a fait le buzz après avoir mis dans l'embarras des chroniqueurs sur un plateau télé. Vous aussi, vous séchez ? Derrière cette anecdote se cache un vertige : notre ignorance de la Chine remonte à deux siècles. Amid Faljaoui, notre chroniqueur économique, a mené l'enquête. Ce qu'il révèle va vous étonner.Sur le plateau de LCI, Gilles Gressani, rédacteur en chef de la revue Le Grand Continent, pose une question très simple aux chroniqueurs présents : "Citez-moi trois Chinois vivants, trois Chinois célèbres." Silence sur le plateau. Personne ne répond. Son test, qu'il appelle "le test des trois Chinois", débouche sur une démonstration imparable : la Chine est une puissance colossale, et pourtant, nous ne savons pas nommer trois de ses habitants.Mais ce test, aussi brillant soit son auteur, reste un raccourci. Et les raccourcis, même signés par des esprits brillants, déforment la réalité. Citer trois noms, ce n'est pas connaître un pays. La vraie ignorance se situe ailleurs et s'avère bien plus grave que cette anecdote télévisuelle.Nous croyons que la Chine décolle. C'est faux, elle redécolle. En 1820, la Chine produisait à elle seule près d'un tiers de la richesse mondiale quand les États-Unis n'en représentaient que 2%. Pendant des siècles, la Chine a été la première puissance économique de la planète. Alors, comment expliquer cet effondrement économique chinois ?Une explication parmi d'autres, mais cruciale : l'humiliation. Au XIXe siècle, la Grande-Bretagne raffole du thé chinois, de la soie et de la porcelaine. Elle achète ces produits et les paie en argent, créant un déficit commercial énorme face à Pékin. Pour combler ce déficit, Londres vend aux Chinois de l'opium cultivé dans ses colonies des Indes. La drogue se répand, des millions de Chinois deviennent dépendants, le pays se délite. L'empereur chinois prend peur et, pour sauver son peuple, interdit l'opium et fait détruire les stocks.La réponse de Londres ne tarde pas : c'est la guerre. La Chine perd et, en 1842, doit céder Hong Kong. Vingt ans plus tard, même scénario avec la Grande-Bretagne et la France qui s'allient. C'est le début du "siècle des humiliations" pour les Chinois. Voilà ce que la Chine n'a jamais digéré.Quand elle remonte aujourd'hui au niveau économique mondial, elle n'a pas le sentiment d'arriver, mais de revenir à la place qu'elle estime avoir toujours occupée. Le vrai test n'est donc pas de citer trois Chinois, mais de comprendre qu'aux yeux de Pékin, la Chine ne fait pas son entrée dans le podium mondial économique : elle reprend simplement sa place.--- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.
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Vous avez, vous aussi, votre détroit d'Ormuz. Dans votre entreprise. Et même chez vous à la maison. Ce point unique dont tout dépend, et dont vous ne vous méfiez jamais. Vous pensez que cette histoire d'Ormuz ne parle que de pétrole ? Détrompez-vous. Cette crise révèle une vérité bien plus large sur nos fragilités cachées. Amid Faljaoui vous explique pourquoi nous avons tous notre "passage obligé" et comment l'identifier avant qu'il ne se referme.La véritable leçon à tirer du blocage du détroit d'Ormuz nous concerne tous bien au-delà du prix de l'essence. Pendant 30 ans, on nous a expliqué que l'économie était devenue immatérielle, mais la réalité est à l'opposé. Le cloud, le virtuel, ce sont des hangars sans fenêtres remplis de milliers de serveurs qui avalent l'électricité d'une ville entière, qui sont refroidis par des quantités d'eau considérables et qui sont reliés entre eux par des câbles posés au fond des océans.Derrière la chose la plus immatérielle qui soit, par exemple un email, il y a toujours quelque chose de très physique. De l'électricité, des métaux, du cuivre, des terres rares, arrachés au sol quelque part et chargés sur des navires qui passent par des ports, par des canaux et des détroits. L'économie numérique n'est pas immatérielle. Elle repose sur un squelette physique très concret : des routes, des ports, des câbles, des bateaux. Et un squelette, ça a des points fragiles.Cette loi de fragilité dépasse le pétrole et les diplomates. Elle vaut pour chacun de nous. Nous avons tous notre détroit d'Ormuz. Dans l'entreprise d'abord : l'entreprise qui fait 60% de son chiffre d'affaires avec un seul client a un détroit d'Ormuz. Le sous-traitant suspendu à un seul fournisseur a un détroit d'Ormuz.Dans nos vies privées, c'est pareil. Le ménage qui tient sur un seul revenu, l'épargne logée au même endroit, la santé d'un seul parent qui fait tenir toute une famille : ce sont autant de détroits d'Ormuz intimes qu'on ne regarde jamais, justement parce que tout passe par là sans problème jusqu'au jour où ça coince.Voici d'ailleurs un exercice à faire durant cette journée : cherchez votre détroit d'Ormuz, le point unique par lequel tout passe dans votre métier ou dans votre vie privée. Et demandez-vous ce qui arrive le jour où il se ferme. Si vous n'avez pas de réponse, vous venez de trouver votre chantier de l'été. --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.
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Imaginez Marc, un belge ordinaire, enfin presque, il a 900 000 euros de côté, des actions, un petit peu d'immobilier, de l'épargne, et, en janvier 2025, il n'était pas encore millionnaire. Cette semaine, sans rien avoir fait, sans avoir gagné un seul euro, le voilà compté parmi les millionnaires.Comment est-ce possible? Le cabinet Capgemini vient de publier son rapport annuel sur les riches dans le monde entier. Le titre a d'ailleurs fait le tour du pays et la presse en a fait des tonnes de ce rapport.Selon ce rapport de Capgemini, la Belgique n'a jamais compté autant de millionnaires. 146 400, soit une augmentation de 8,8% en un an. Les riches vont bien, merci pour eux, c'est ça qu'on a envie de tirer comme conclusion en lisant rapidement les titres de la presse.Sauf qu'il y a un piège et il tient dans un seul mot : dollars. Parce que ce rapport ne compte pas en euros, il compte en dollars. Ca change tout, parce qu'en 2025, le dollar a beaucoup baissé. En janvier 2025, un euro valait 1,04 dollar, en décembre 1,17. Bref, entre janvier et décembre 2025, l'euro a pris 13% par rapport au dollar.Revenons à Marc. Ces 900 000 euros, en réalité, n'ont pas bougé. Mais quand on les traduit en dollars pour le rapport de Capgemini, ses 900 000 euros franchissent la barre du million de dollars tout seul. Marc n'est pas plus riche, c'est juste la règle à mesurer qu'il a rétréci.Et ça, ça vaut pour tout le monde. La fortune des riches belges monte de 10% en dollars, mais c'est vrai, l'euro a pris 13%, donc en euros, leur fortune n'a pas grimpé, elle a sans doute peut-être même un petit peu reculé.D'ailleurs, la meilleure preuve de ce que j'avance, c'est que les pays voisins, le Luxembourg a plus 13,5% de riches, l'Allemagne plus 11%, et la Belgique, comme je viens de le dire, plus 8,8%.Donc toute la zone euro qui bondit la même année, vous l'avez compris, ce n'est pas un miracle économique partout en même temps, c'est juste l'euro qui est monté face au dollar.Pourquoi Capgemini (dé)compte-t-elle, dénombre-t-elle les millionnaires belges? Quel est son intérêt de réaliser un tel rapport? Parce que ce n'est pas une banque, c'est une société d'informatique et de conseil. Et son client, ce n'est pas vous, ce n'est pas moi, c'est la banque. Elle vend aux banques privées les logiciels, les outils numériques pour leurs conseillers. Et, aujourd'hui, elles leur vendent aussi de l'intelligence artificielle. Bref, de quoi se moderniser. Les banques en ont besoin. Elles font face à des concurrents 100% numériques, qui sont souvent d'ailleurs moins chers, et qui viennent leur prendre leurs clients riches.Donc leur vieux système craque, alors elles payent des cabinets, comme Capgemini, pour se mettre à jour.Le rapport c'est la brochure gratuite. Le rapport de Capgemini dit aux banques, en quelque sorte, voilà votre marché, regardez comme il grossit, on peut vous aider à le conquérir.Plus il y a de millionnaires sur le papier, plus le marché va sembler juteux et plus ce sera facile de vendre. Un dollar qui baisse fabrique des millionnaires en papier, le rapport brille, la brochure convainc et Marc, lui, n'a pas gagné nécessairement un centime de plus. --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.
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Le médicament anti-obésité qui fait perdre des kilos par dizaines, la Belgique vient de refuser de le rembourser. Et le ministre de la Santé a sorti tout un arsenal d'arguments médicaux et humanistes pour le justifier. Très joli sur le papier. Sauf que notre chroniqueur économique Amid Faljaoui a regardé de plus près. Et derrière la belle leçon de médecine, il a trouvé une tout autre histoire. Une histoire de gros sous qu'on préfère ne pas nommer.Frank Vandenbroucke, ministre de la Santé, vient donc de refuser de rembourser le Wegovy, ce médicament anti-obésité du laboratoire danois Novo Nordisk qui coupe l'appétit et fait perdre énormément de poids avec une injection hebdomadaire. Mais ce qui frappe, c'est la manière dont il a justifié ce refus. Pour motiver sa décision, il avance plusieurs arguments : les incertitudes médicales qui persistent, la reprise de poids à l'arrêt du traitement, et la nécessité d'entourer le patient d'une équipe pluridisciplinaire avec diététiciens, psychologues et kinésithérapeutes.Le problème, c'est que ce raisonnement ne résiste pas à l'examen. Si on le reprend point par point, en commençant par la reprise de poids à l'arrêt, cela constituerait plutôt un argument pour accepter le remboursement dans la durée. L'obésité est une maladie chronique, et une maladie chronique se soigne au long cours. Deuxième élément troublant : la Belgique rembourse déjà l'Ozempic et le Mounjaro pour le diabète, des molécules cousines. Le souci n'est donc pas la molécule elle-même, mais son utilisation contre l'obésité. Et c'est là que les fameuses incertitudes refont surface.La véritable raison du refus ? Rembourser le Wegovy pour tous les Belges concernés coûterait des milliards d'euros. Un Belge sur deux est en surpoids et près d'un sur six souffre d'obésité. Rembourser largement ferait exploser le budget de la sécurité sociale. Le choix du ministre Vandenbroucke se défend, mais pourquoi ne pas le dire simplement ? Dire "on n'a pas les moyens" serait honnête. Préférer "on place le patient au cœur du soin" paraît tellement plus élégant. Et surtout, cela dispense d'assumer les contraintes budgétaires.Et puis, il y a ce détail qui pique. Dès le 15 juin 2026, la France va rembourser le Wegovy de façon ciblée et très encadrée, pour les cas les plus lourds. C'est la preuve qu'on peut dire oui intelligemment, sans ruiner le budget. La Belgique, elle, a dit non. C'est un choix qui se respecte. On aimerait juste qu'elle l'appelle par son nom. --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.
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Imaginez. En plein rendez-vous, un client sort son téléphone et demande à l'intelligence artificielle ce qu'elle pense de la proposition de son banquier. Cette scène pourrait se généraliser. Et le résultat va vous surprendre : l'IA, censée tout accélérer, ralentit les affaires des banques. Au point de poser une question dérangeante sur l'utilité des banquiers. Amid Faljaoui vous explique tout ça dans sa chronique économique.On nous répète à l'envie que l'intelligence artificielle fait tout aller plus vite. Mais dans le domaine bancaire, c'est l'inverse : l'IA risque de ralentir le business. Avant, le client écoutait, puis signait sur place. Aujourd'hui, il veut la proposition par mail pour pouvoir la lire chez lui et surtout la comparer avec l'IA. Il revient vers son banquier avec des questions quelques jours plus tard. Résultat : une opération prend beaucoup plus de temps à se conclure qu'auparavant.Depuis le Covid, le banquier est devenu moins disponible. Pour le voir, il faut prendre rendez-vous. Et souvent dans les grandes banques, la compétence au guichet n'est pas toujours au rendez-vous. Le client arrive donc briefé par l'IA, il connaît son sujet et se retrouve parfois face à un conseiller dépassé.D'où la véritable question : si une grande banque n'a pas toujours des personnes compétentes à vous offrir, ni au téléphone, ni en agence, qu'est-ce qui la distingue encore d'une néo-banque comme Revolut par exemple ? L'IA va donc forcer les banques à monter en gamme, à redevenir vraiment utiles ou peut-être à disparaître au fil du temps.Mais il y a un autre danger : pas que le client en sache trop mais qu'il sache des choses fausses. Sur les impôts, sur les héritages, l'IA se trompe encore très souvent et elle se trompe avec beaucoup d'assurance. Or, une fausse certitude, surtout quand il s'agit de votre argent, c'est beaucoup plus dangereux que de ne rien savoir.Et c'est là que le métier de banquier est en train de changer. Avant, le banquier vous vendait une information que vous n'aviez pas. Aujourd'hui, cette information est dans votre poche. Et donc, son nouveau rôle sera de corriger la machine.L'IA ne remplacera pas le bon banquier. Elle l'obligera à être meilleur et mettra à nu les mauvais. --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.
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Ce mardi 2 juin, une soirée est organisée à Wavre pour célébrer l'entrepreneuriat wallon. Mais si l'on doit encore rappeler qu'il faut aimer les entrepreneurs, n'est-ce pas déjà le signe d'un problème ? Amid Faljaoui explique pourquoi le vrai défi n'est pas seulement de donner envie d'entreprendre, mais de faire grandir nos entreprises, de les financer et de garder nos centres de décision ici.La soirée "AKT for Wallonia", organisée par la Fédération Wallonne des entreprises, s'articule autour d'un mot d'ordre efficace : oser, valoriser, grandir. Cette initiative rappelle une réalité fondamentale. Sans entrepreneur, il n'y a pas de croissance durable, pas d'emploi solide et pas de nouvelles recettes fiscales.Mais quand une région doit expliquer qu'il faut célébrer l'entrepreneuriat, c'est qu'elle n'a pas totalement intégré cette évidence dans son économie. L'entrepreneur n'est pas une exception que l'on met en vitrine une fois par an. Il fait partie du paysage économique quotidien.La Wallonie n'a pas attendu cette soirée pour bouger. Depuis des années, des patrons, des incubateurs, des chambres de commerce, des investisseurs, des médias comme Trends Tendance, des écoles, des cercles d'affaires et des acteurs publics tentent de changer les mentalités. Ce travail existe déjà et produit des effets.Le récit entrepreneurial wallon n'est donc pas absent, mais il doit devenir encore plus fort. Car le récit compte. Une région qui ne raconte pas ses entrepreneurs finit toujours par décourager ceux qui pourraient le devenir. Cependant, le récit ne suffit pas. Le problème wallon est aussi économique, financier et psychologique.Point essentiel : nos entreprises sont souvent trop petites. Pour grandir, une entreprise a besoin de clients, d'énergie, de management, mais également de capitaux privés, de business angels, d'actionnaires patients, d'entrepreneurs qui ont réussi et qui acceptent de remettre une partie de leur argent gagné et de leur expérience dans le circuit.C'est ici que les patrons wallons doivent se regarder dans le miroir. Il ne suffit pas de demander plus d'esprit d'entreprise aux jeunes, aux écoles ou au pouvoir public. Ceux qui ont réussi doivent aussi se demander ce qu'ils font concrètement pour aider d'autres à se lancer, à reprendre, à grandir. Un autre sujet, plus délicat, mérite attention : certains patrons wallons manquent d'ambition de croissance. L'entrepreneur crée une belle PME, traverse les crises, embauche, construit une réputation, puis vend au moment où l'entreprise pourrait changer d'échelle. Résultat : des centaines d'entreprises sont vendues trop tôt et des sièges de décision partent.Cette soirée "AKT For Wallonie" remet donc le bon sujet sur la table. Un bon récit donne envie, mais ne finance pas la croissance et ne remplace pas le capital privé.--- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.
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